Pourquoi la conformité est jugée sur l’effort, et ce que le paquet antiblanchiment européen y change. La conformité technique aux normes du GAFI est passée de 36% à 76% entre 2012 et 2024, tandis qu’Europol estime depuis des années qu’environ 1% des produits du crime dans l’Union finit par être saisi. À partir du 10 juillet 2027, un corpus de règles unique directement applicable s’applique, et à partir de 2028 un superviseur européen à Francfort surveille directement quarante établissements.
Questions fréquentes
Pourquoi la conformité est-elle jugée sur l'effort plutôt que sur le résultat ?+
La regtech vend à un client qui ignore lui-même si le produit fonctionne : une banque qui émet dix mille signalements par an ne sait pas lesquels aboutissent à un résultat. C'est pourquoi un secteur qui dépense des dizaines de milliards par an en conformité est évalué sur la présence du système, non sur son fonctionnement.
Que montre la différence entre « avoir les règles » et « faire fonctionner les règles » ?+
Le GAFI évalue les pays sur deux axes. Sur le premier — ont-ils les règles — le monde est passé de 36 % à 76 % de conformité entre 2012 et 2024. Sur l'axe qui compte, l'efficacité, seuls 19 % des 120 pays évalués atteignent un niveau élevé ou substantiel dans la confiscation des avoirs criminels.
Quelle part des avoirs criminels est effectivement récupérée dans l'UE ?+
Europol estime depuis des années qu'environ 1 % des produits du crime dans l'Union est finalement récupéré. Ce chiffre illustre l'écart entre un système parfaitement conforme et un système qui atteint le résultat visé.
Que change le paquet européen anti-blanchiment à partir de 2027 ?+
Le paquet apporte un règlement unique directement applicable à partir du 10 juillet 2027 et une autorité de surveillance européenne, l'AMLA, à Francfort. Cela harmonise les règles entre États membres et déplace une partie de la surveillance au niveau européen.
Que signifie l'article 75 sur le partage de données pour la regtech ?+
L'article 75 autorise les institutions à partager des données lorsque le risque est déjà connu. Cela déplace l'accent du signalement chacun-pour-soi vers des signaux partagés, et ouvre un espace pour des technologies qui mesurent l'efficacité plutôt que de simplement compter les signalements.